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Le 9 novembre 1944, un V1 tombait sur la rue de l'Ermitage. L'ermitage, lui,
avait disparu depuis bien longtemps déjà. Mais ce jour là, toute une rangée de
maisons, situées juste en face de l'actuel CIVA, fut soufflée. Je dois la
révélation de ce fait à l'artiste Jacqueline Mesmaeker, qui habitait la rue
étant petite. Elle m'a fourni une photo de famille montrant le trou dans la
rangée d'habitations. Comme le CIVA a provoqué, quant à lui, la chute de
quelques beaux arbres dans le terrain de la CIBE où il est implanté, il m'a
semblé que le jeu de miroir s'imposait : face à face, c'est à dire: façade à
façade, par le truchement d'une bâche photographique. La ville tombe et se
redresse constamment, et bien des citadins ont toujours un ermite dans leur
cœur (c'est peut-être cela, la solitude des gens des villes). Cette exposition,
je l'adresserai à tous ceux qui réfléchissent à la ville et à l'architecture,
ce qui est la vocation du CIVA*. Ainsi va la ville, qui se joue à pile efface.
*çiva est un dieu indien, créateur et destructeur, qui peut avoir huit têtes ou
huit bras. Comme le signalait W. Benjamin, il y aurait toujours un acte de
barbarie à la base des grandes constructions de la culture. L¹exposition
exorcisera ce fait.
Un programme (conférence, projection de films, promenade cycliste) accompagnera
l'exposition durant les mois d'été.
Commissariat : Madeleine Santandrea
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