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Né à Anderlecht en 1921 et diplômé d’architecture de l’Institut Saint-Luc en
1942, Albert Bontridder est aussi connu comme critique d’architecture que comme
poète.
Il commence sa carrière d’architecte en 1945 dans le bureau de Paul-Amaury
Michel avec qui il collabore jusque 1956. En tant que membre de la Société
belge des urbanistes et architectes modernistes (SBUAM), il présente en 1951
différentes Maisons Modèles lors de la Triennale de Milan. De 1956 à 1984 il
collabore de façon complémentaire et fructueuse avec Jacques Dupuis (1914-1984)
au cours de plus de septante projets communs, dont les maisons Franeau
(1960-1962), Wittmann (1961) et Huart (1964-1966). En parallèle, il s’associe
sporadiquement au groupe d’architecture liégeois L’Equerre, notamment pour le
Centre civique de Herstal et le complexe scolaire de Flémalle-Haute.
En 1960 il reçoit le prix Van de Ven pour sa maison personnelle à
Rhode-Saint-Genèse (1958). Par ailleurs, il conçoit des habitations dont les
plans sont caractérisés par la recherche d’espaces fluides et par un travail
passionnant sur l’oblique, le rejet de l’orthogonalité, l’ouverture des angles
et le pliage des murs. Par ses recherches, il se situe dans la mouvance d’un
des courants internationaux de l’époque, marqué entre autres par les travaux
d’Alvar Aalto en Finlande, de Frank Lloyd Wright aux États-Unis et de Claude
Parent, Paul Virilio et André Bloc en France. Parmi ses œuvres les plus
significatives de cette tendance, se trouvent les maisons Louis-Paul Boon à
Erembodegem (1952), Wauters à Jette (1960), Lenaerts à Kraainem (1961), Van
Waeyenberghe à Hamme (1972), Wathour à Feluy (1973), Joseph à Beigem (1973),
Van Biesbrouck à Alsemberg (1975), Galle (1979) et Dhaeyer (1993) à Alost.
Associé au groupe bruxellois Structure en 1966 pour le projet de l’école
normale de Huy, il reçoit le troisième prix pour le concours d’aménagement du
rond-point de l’Europe à Bruxelles en 1970. Il participe à de grands projets
tels que la Cité modèle du Heysel (1958), les campus du Sart-Tilman à Liège
(1973-1983) avec Claude Strebelle pour l’Université de Liège, et de la plaine à
Bruxelles (1974-1976) avec Paul-Emile Vincent pour la Vrije Universiteit
Brussel.
Théoricien de l’architecture, Bontridder a acquis une notoriété pour ses
articles critiques dans diverses revues spécialisées. Il est membre fondateur
et rédacteur des revues belges Architectura, de 1948 à 1949, et Architecture de
1952 à 1970. En 1948, parrainé par Huib Hoste, il devient membre de la SBUAM;
de 1950 à 1958, il est membre des Congrès internationaux d’architecture moderne
(CIAM) ; de 1967 à 1975 il est membre du conseil de l’Ordre des architectes de
la province du Brabant et en 1984 il est élu correspondant de la classe des
beaux-arts de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts
qu’il préside en 1989. Il est également l’auteur, en 1963, de L’architecture
contemporaine en Belgique. Le dialogue de la lumière et du silence, première
histoire de l’architecture moderne paru après la guerre et de la monographie
consacrée à Léon Stijnen en 1980.
En tant que poète, il est rédacteur de la revue bruxelloise Tijd en Mens de
1945 à 1952 et de 1967 à 1977. Il est publié dans la revue de La Haye
Kentering. Depuis 1951, il a signé une douzaine de recueils de poésie et son
travail d’écriture, tant en français qu’en néerlandais, est primé à plusieurs
reprises.
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